Les chroniques de l'Antemonde

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 Vladimir Bratva

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Photun



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Date d'inscription : 29/11/2013

MessageSujet: Vladimir Bratva   Dim 22 Déc - 22:25

Age : 24 ans.
Taille : 1m76.
Poids : 72kg.
Cheveux : Courts, bruns, bien coiffés et soignés.
Yeux : Marrons, sans particularité.
Vêtements : Jamais en armure lourde. Porte une armure intermédiaire durant les aventures et un simple vêtement sans arme apparente le reste du temps.
Visage : Allongé, sourcils épais, de grands yeux ronds.
Corps : Frêle, peu musclé et semble peu résistant.

Allure : Cet homme n'a rien d'un combattant, que cela soit dans son physique ou dans sa tenue vestimentaire. Il n'est pas particulièrement beau ou particulièrement repoussant ; un homme banal comme il y en a tant. Sa voix cependant porterait n'importe quelle oreille distraite à son attention. Une voix forte, grave. Une de ces voix charismatiques qui sait faire taire une assemblée bavarde afin de prendre la parole dans le silence et l'attention des autres. Ses gestes précis démontrent une bonne dextérité et ses grands yeux attentifs, son éveil et une grande intelligence.

Divinité attitrée : Aucune.

Caractéristiques de base :
-Force : 10
-Dextérité : 14
-Constitution : 10
-Intelligence : 16
-Sagesse : 12
-Charisme : 14

Compétences :
-Bluff
-Crochetage
-Désamorçage des pièges
-Estimation
-Fouille
-Intimidation
-Perception auditive
-Persuasion
-Premier secours
-Savoir
-Vol à la tire

Langues parlées et lues :
-Commun
-Langage des voleurs
-Elfe
-Gnome

Dons (premier niveau) :
-Paume d'argent
-Talent (persuasion)


Dernière édition par Photun le Mar 14 Jan - 2:12, édité 1 fois
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Photun



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MessageSujet: Re: Vladimir Bratva   Lun 13 Jan - 15:20

Un jour avant.





Une petite maison rurale, non loin de Verdure, dans les Contrées du Mitan Occidentales. La route la plus proche est à dix kilomètres, reliant la piste d'Uldoon et la route d'Elturel. La propriété compte quelques clôtures et pâturages pour les chevaux et une grange. Dans la maison, deux pièces. Dans la pièce principale, qui contient un mobilier sommaire et où le sol est en terre battue, deux hommes se disputent. Le premier est un homme d'âge mur. Sa voix rauque et son manque de souffle indiquent qu'il a peut-être un peu trop profité de l'herbe à pipe ; son visage creusé et sa jaunisse, des bienfaits de la boisson. Il porte une barbe épaisse, grisonnantes, ses cheveux sont bien soignés et peignés, placés sous un couvre chef de bonne qualité. Ses mains sont en trop bon état pour avoir travaillé durement, et son dos n'est pas voûté pour son âge. Face à lui, un jeune homme qui ne lui ressemble pas du tout. Cheveux bruns, visage allongés, de grands yeux ronds.
Les mots des deux hommes font vibrer le torchis des murs.

"Et s'il était au courant de tout ? Malgré ça tu vas quand même lui abandonner ta propre fille ?
-On en a déjà discuté, n'esquive pas le sujet principal !
-Non, en fait, c'est pire, tu ne vas pas l'abandonner. Tu vas lui vendre !
-Je te rappelle qu'on a besoin de cette dote !
-Tu as besoin de cette "dote" !
-Ecoute... Ouvre grand tes oreilles Vladimir, parce que je ne le répéterai pas... On fait exactement comme on a dit ! On ne change rien ! Rien !
-Oui, évidemment ! Gardons nos œillères et ne revenons surtout pas en arrière pour éviter les conneries.
-... Non seulement ta sœur va se marier, mais en plus on va honorer notre part du marché !
-Mais oui ! Mais bien sûr, où avais-je la tête ? On va lui rendre service et lui lécher l'cul ! Moi ça me paraît honnête. Et comment ça va se passer quand devant l'autel, ils vont lui demander si oui ou non elle accepte ?
-Ça c'est son problème.
-Et il a dit quoi quand tu lui as dit qu'elle n'était pas vierge ?
-...
-Putain... T'as même pas eu les couilles de lui dire.
-Attention au ton que tu emploies mon garçon.
-Je ne suis plus ton garçon depuis bien longtemps !
-Maintenant tu vas fermer ton claque merde et on s'en tient au plan, merde !
-A ton tour d'ouvrir tes oreilles poilues : non ! Non et non ! Ce putain de capitaine est un enculé de première, un psychopathe ! Déjà que tu traites avec lui, moi ça me fout en l'air mais que tu puisses vendre Natalia a ce type !... D'ailleurs, tu ne m'as jamais dit pourquoi il la voulait ?
-Il veut une femme qui sache fermer sa gueule. Moi je ne vois pas où est le problème et ça permettrait à ta sœur de connaître le bonheur malgré son état. Mais évidemment, tu ne vois que le mal ! Rien n'est trop bon pour elle, il n'y a que "toi" pour prendre soin d'elle et les autres ne sont que de la merde... T'es qu'un égoïste.
-Non seulement il va surement nous baiser dans cette histoire et je suis d'autant plus sûr qu'il lui fera du mal ! Elle ne sera qu'un jouet pour..."

Un autre individu fait irruption dans la pièce. Un jeune homme, plus jeune que Vladimir de quatre printemps. En revanche plus grand et beaucoup plus fort physiquement, des cheveux longs et bouclés, ne ressemblant à aucun des deux autres hommes. La bouche entre ouverte et le visage calme, il s'exclame.

"Ça y est, elle refait une crise."

Ni une ni deux, Vladimir quitte la pièce, précédent le nouveau protagoniste pour rejoindre la chambre, une grande pièce où trônent trois lits, un lit simple, fait de bric et de broc, un lit superposé guère mieux conçu et un grand lit deux places, de très bonne facture où une jeune fille d'une quinzaine d'année, vêtue d'une robe de lin et de soie, s'agite dans des convulsions sévères.
Les deux hommes semblent parfaitement au clair sur ce qu'il faut faire. De façon ordonné, l'un maintient les bras pendant un instant durant lequel, l'autre place un morceau de corde bien solide et bien tressé dans la bouche de la femme. Ils attendent ensuite sagement qu'elle se calme, lui susurrant des mots apaisants.
Vladimir caresse le front suintant, et arrangea tant bien que mal les cheveux roux de la fillette, malgré les tremblements incessants.

"Chuuuut, chuuut. C'est terminé..."

Elle n'a physiquement aucun lien apparent avec les trois autres individus, elle non plus. C'est une magnifique jeune fille, une petite fleur en pleine éclosion. Ses cheveux sont ondulés, la peau douce malgré les très nombreuses taches de rousseur, deux yeux bleu ciels qui auraient fait craquer n'importe quel garçon, qui deviennent peu à peu inertes au fur et à mesure que les spasmes s'estompent.
L'homme barbu se tient à dans l'encadrement, et lance dans un ton calme, placide, avant de fermer la porte et de repartir dans l'autre salle.

"On fait comme on avait prévu."

Vladimir serre fort la corde qu'il lui retire de la bouche.

"Quel espèce de con...
-Il essaie de faire au mieux pour nous tous, tu sais.
-Que dalle ! Il ne pense qu'à lui et à sa petite personne !
-Calme toi. Et mets-toi à sa place : admets que ce n'est pas simple pour lui non plus ? Et on peut difficilement reculer, maintenant...
-Au contraire, il se débarrasse d'elle puisqu'elle ne vaut plus rien. Et il va même pouvoir récupérer de l'or. Tout bénef' pour monsieur. Il persiste à appeler ça une dote, ce n'en est même pas une ! C'est à la famille de la fille de filer de l'argent pour "l'entretenir", parce qu'une fille ça "coûte cher" ! Putain, ça devrait être à nous de lui filer du fric, et là c'est lui qui nous en donne ? Et tu vas me faire croire que ça ne sent pas le coup fourré ?!
-Comment peux-tu dire ça ? Qu'elle ne vaut plus rien pour lui ?
-... Parce que je sais des choses que tu ne sais pas.
-Alors dis-moi ? Parle-moi ? Explique moi ?
-...
-Toi et tes secrets... Mais après tout, qu'est-ce qui te fait croire qu'elle sera moins bien là bas qu'ici ?
-Je vais te le dire pourquoi : parce que ce mec est un...
-Oui, cet homme n'est pas un agneau, mais nous non plus je te rappelle. Oui, il y a des chances qu'elle subisse de mauvais traitements, et peut-être autant de chances qu'elle en subisse de bon, alors quoi ? Cela fait des années que tu ne vis plus à cause de tout ça. Je ne suis pas très malin, mais je vois bien que tu culpabilises... Et puis, tu pourras lui rendre autant de fois que tu le voudras, qu'il t'a dit.
-S'il daigne tenir parole.
-Dans le cas contraire, je serais avec toi pour lui rappeler ses promesses. Et s'il lui a fait du mal, je serais à tes côtés pour lui rendre cette souffrance au centuple."

Le plus âgé des deux continue de caresser avec bienveillance la jeune rouquine qui regarde fixement devant elle, sans bouger.

"Vlad, tu as tout donné pour elle. Il faut lâcher prise maintenant, ça fait trop longtemps. Ça va te tuer, tu sais ?
-Ce sont ses conneries à lui qui vont tous nous faire tuer.
-Et alors, t'as peur de mourir, toi ?"

Un sourire s'esquisse enfin. Ils se regardent et mutuellement, se posent la main l'un sur l'épaule de l'autre. Une union fraternelle aussi solide que les liens du sang les unissait. Pavel se lève.

"Il faut y aller. Si nous sommes en retard, cela ne fera qu'empirer les choses.
-... Aide-moi juste à la changer et je vous accompagne.
-Il faudra lui donner à manger également avant de partir, la route sera longue."

Encore une fois, les deux hommes montrent leur habituelle aisance pour réaliser ce soin désormais quotidien, banal. L'un va mettre de l'eau sur le feu pendant que l'autre prépare affaires de rechange, gants, serviettes. La bassine d'eau chaude est déposée à même le sol, ils mettent la jeune fille debout et lui retirent sa robe. D'abord laver le visage, les bras, les jambes en prenant grand soin de ne pas la faire tomber - car même si elle tient debout seule, son équilibre reste précaire. Enfin, retirer les sous vêtements pour la toilette intime. On sèche, on lui mets de jolis vêtements, et le tout est joué. Après la toilette, les changes des draps du lits. Le matelas est aéré afin d'éviter qu'il ne pourrisse trop vite. L'un des deux garçons vide la bassine d'eau pendant que l'autre soutient la demoiselle et l'aide à marcher jusqu'à la salle principale. Ils mirent assise la jeune femme sur la seule chaise correcte, un coussin de velours miteux, usé par les souillures et le lavage quotidien, sous les fesses.
Sa prise de repas n'est due qu'à un réflexe, ouvrant la bouche dés qu'une cuillère touche ses lèvres et avale ce qu'il y a dans sa bouche.
Pavel sort et fait entrer deux chiens dans la pièce après les avoir sifflé. Vladimir les caresse en leur demandant de bien vouloir veiller sur elle en son absence, sorte de rituel compulsif vu le temps qu'il passe à leur expliquer. Un baiser sur le front plein de petite tâches de rousseur, une banalité échangée : "on rentre bientôt, je t'aime petite sœur" avant de passer la porte à son tour. Enfin parti le dernier homme de la maison, les chiens ne s'occupent pas de la gamine ; ils l'ignorent simplement. Elle, se contente quand à elle de fixer droit devant, n'ayant comme signe de vie apparent que son balancement thoracique et les battements de ses paupières.

Les trois hommes se retrouvent devant la propriété et montent dans la charrette que le plus ancien d'entre eux avait préparé. Ils font route vers la frontière, à l'Ouest, à la recherche d'un fortin à une trentaine de kilomètres. Aucun mot durant les trois longues heures de trajet, chacun médite dans son coin et en silence.
Ce n'est qu'après avoir attendu d'être assez près pour limiter tout scandale, Vladimir prend la parole.

"Que les choses soient claires, je vous accompagne, mais hors de question j'entre.
-Tu feras ce qu'on a dit ! Arrête de discuter !
-Père, trop tard pour ça..."

Pavel interrompt la dispute avant qu'elle n'éclate, son regard dirigé droit vers un arbre, une branche, une corde. Ou plus précisément, sur l'homme qui pend au bout de cette corde, nu, un panneau de bois autour du cou où il est écrit avec du sang "j'ai désobéi". Le château est en vue. Il est trop petit pour permettre à la charrette de rentrer, ils la mettent dans le sens du départ, à l'abri près l'écurie, à quelques dizaines de mètres du fortin. Vladimir reste dehors, il s'installe à l'arrière pendant que les deux autres descendent. Le barbu ne décroche pas un mot, Pavel lance un "à tout à l'heure !" qui n'obtient pas de réponse.
Allongé sur le dos, un morceau de paille à mâchouiller, Vlad' flâne, songe, rêve... Il réfléchit aussi. Beaucoup plus qu'il ne laisse croire. Les minutes s'écoule, il profite du silence, et de n'avoir aucun soucis. Pas d'obligation présente. Juste lui, le vent, le soleil. Les chevaux qui broutent parasitent un peu cette tranquillité, mais après tout, il peut bien supporter ça.
Cette demie-heure de répit s'achève dans un cri lointain, provenant du fort. Comme si un garde sonnait l'alerte. D'un air perplexe et presque somnolent, Vladimir s'assoit d'abord. Il regarde à gauche, puis à droite à la recherche d'un éventuel attaquant. Une armée ennemie ? Ou une horde d'orques ? D'hobgobelins ?... Rien en vue. Par réflexe il s'installe à la place du cocher, attrape les rênes de façon négligeante - au cas où il faudrait fuir ou mettre la charrette à l'abri - et observe toujours les vastes étendues avoisinantes. Les cris se poursuivent dans l'enceinte et se relaient, jusqu'à parvenir plus clairement au niveau de la porte.

"Butez-le ! Mais butez-le, bande d'incapables !"

A peine le temps de cogiter, Pavel apparaît, manquant de trébucher dans sa hâte. Il court en direction de son frère, ses vêtements tâchés de sang, pas le sien apparemment.

"Vlad' ! Fuis !"

Il s'écrie dans sa course, essoufflé, la voix déraille dans la panique. Vladimir agite les rênes, les chevaux partent au trot ; assez vite pour lancer la charrette, suffisamment peu pour que son frère le rattrape. Les hommes du fort sortent. L'un arbalétrier pose un genoux à terre, il vise Pavel avec son arme chargée, qui continue de courir et de crier.

"Fuiiiis ! Va t-en d..."

Le carreau part et frappe le jeune homme dans le dos qui s'effondre après quelques pas, hurlant sa douleur d'un cri déchirant, se recroquevillant sur le côté. Vladimir accélère, malgré la panique il continue de penser : il ne peut plus rien pour Pavel maintenant. S'il reste, il se fera sûrement capturer, mais s'il fuit, il pourra peut-être négocier, ou faire évader son frère ? Les soldats foncent à l'écurie pour seller les chevaux et intercepter le grand frère, riant et se pavanant de cette nouvelle chasse à l'homme. Quelques autres archers postés sur les rempares et commencent à tirer en direction du fuyard qui est presque totalement hors de portée. Le premier arbalétrier, lui, marche lentement, en direction de son gibier blessé, en position fœtale. L'arbalétrier s'arrête à quelques pas de Pavel, il arme l'arbalète. Vladimir espère toujours qu'il lui laissera la vie sauve. L'homme place le carreau, et sans plus de cérémonie achève le jeune homme.
Il ne réalise pas encore ce qu'il vient de se produire. Vladimir réfléchit et garde la tête froide : il sait que la charrette va le ralentir et que sa vie est clairement en danger, les soldats ne feront pas de prisonnier. Il s'arrêt l'espace d'un instant, détache rapidement les liens et part sur un seul cheval, laissant la dite charrette et l'autre canasson sur place. Il entend les sabots ferrés derrière lui qui fracassent les pavés de la route. Les hommes du capitaine sont à ses trousses. Certes, les destriers de guerre des soldats sont des chevaux robustes et endurants, mais le coursier est lui beaucoup plus rapide, et ne tarde pas à donner une très bonne avance sur les poursuivants. Le retour se fit en à peine une heure.

Les chiens aboient à l'arrivée. Il abandonne son cheval devant la porte, sans même l'attacher et rentre dans la maison. Les deux canidés font la fête à leur maître de retour, qui les ignore simplement. Il se dirige vers la cheminée mais il s'effondre juste avant et rend ses tripes à même le sol, réalisant enfin ce qu'il vient de se passer.
L'un des chiens vient lécher son maître avec enthousiaste pendant que l'autre ramasse le vomit avec appétit. Après s'être relevé, il les fait sortir tous les deux, referme la porte et reste planté. Il la voit. Elle est là, assise comme il l'a laissé plus de quatre heures maintenant, totalement insouciante. Il expire longuement, tremblant et sous le choc après la décharge d'adrénaline. Les cent pas débutent, il réfléchit. Les hommes du capitaine sont à sa recherche, et ils savent où il habite. Ils arrivent. Mais comment faire pour Natalia ? Il ne peut pas l'emmener, il n'a plus la charrette, il a dû l'abandonner dans la fuite. Impossible de la faire tenir à cheval, elle tomberait en chemin. Il n'a pas non plus la capacité de l'emmener sur son dos, ou dans une brouette, ils seraient vite rattrapés.

"Réfléchit ! Réfléchit !! Une idée bon sang !"

Il se tape la tête pour y faire rentrer une idée qui les sauverait tous les deux. En voilà une ! Le cheval a encore les sangles, il peut traîner une brouette ? Ou une planche ? Natalia pourrait être attachée dessus ? Ils pourraient partir, suffisamment loin et vite pour survivre, pour se cacher quelque part. Un chien couine, gratte à la porte, interrompant sa réflexion. Vladimir va voir, il ouvre la porte. Le cheval est à terre, inerte, mort de fatigue.
Ses jambes ne le tiennent plus : il fléchit, accroupi devant la porte, sa tête se tenant par une de ses mains posée sur son visage, le chien léchant l'autre avec empathie.

Comment faire ? Lui peu fuir, mais elle non. Il ne peut pas l'abandonner ici, mais il ne peut pas l'emmener... Le désespoir le fait se lever. De ses bras, porte la jolie rousse jusqu'à son lit, il l'installe assise et se cale derrière elle, lui caressant les cheveux en la regardant avec tristesse. Il pense, un instant, à elle, ce qu'elle aurait pu devenir. Il révise passé futur et présent en donnant à chacun une touche de mieux, une touche de vie, juste pour ne pas oublier qui elle était.

D'une main hasardeuse, il saisit l'oreiller de plumes d'oie. Sa bouche se pose sur l'épaule de l'adolescente pendant qu'il applique l'oreiller sur le visage, délicatement d'abord. Ses yeux se ferment, il inspire un grand coup, et appuie plus fort, son autre bras l'enlaçant la serrant contre lui. Il continue d'appuyer, et susurre quelques mots, pour essayer de la réveiller, ou qu'elle le réveille lui.

"Arrête moi... Je t'en prie, arrête moi..."

Au bout de quelques secondes, le corps tressaillit, les réflexes les plus archaïques encore en place tentent vainement d'empêcher la mort. Le lit craque sous les mouvements débattus. Il répète plus fort, tout en pressant l'oreiller sur le visage de la jeune femme.

"Empêche-moi !... Empêche moi, empêche-moi, empêche-moi !!"

Ses yeux s'écarquillent alors qu'il ne la sent plus bouger. Il ne dit plus rien. La respiration haletante, il retire l'oreiller d'un geste vif et le lâche, il regarde le magnifique visage qui a désormais les yeux fermés. C'était terminé, elle ne souffrirait plus, elle ne souffrira pas. Il l'allonge sur le lit, et reste à côté, simplement à la contempler, réalisant peu à peu qu'il ne verrait plus ses jamais la couleur de ses yeux. Il s’affaisse au fur et à mesure que sa peine grandit, jusqu'à poser son front contre le sien. Ses yeux se ferment afin de laisser sa tristesse s'échapper en sanglots déchirants. Il pleure comme jamais il n'avait pleuré. Il pleure sa mort, longuement, ainsi que celle de son frère. Il dépose finalement un baiser sur son front, la contemple et lui caresse les cheveux une dernière fois. Elle était comme endormie, sans ce mouvement de la poitrine qu'il surveillait sans cesse à son réveil. Machinalement, solennellement, il retire une bague de son auriculaire droit, et la place à l'annulaire gauche de Natalia.

"C'était toi... Toi et toi seule."

Après avoir trouvé un semblant de paix, Vladimir se lève, les épaules basses et le dos voûté. Il quitte la chambre, et cet instant de chagrin - après une déglutition difficile - laisse place à la nécessité de survie. Il doit partir. Mais il ne peut pas la laisser comme ça. Pas le temps de la mettre en terre, mais s'il aurait rêvé de pouvoir lui faire une tombe, pouvoir continuer de lui rendre visite, comme si elle était encore là, à l'écouter... Il prend quelques bûches et du bois sec qu'il dissémine partout dans la maison, rassemble quelques affaires : manteau, bottes de marche, un sac à dos où il met ses maigres économies. Un souvenir d'elle : son ruban à cheveux. Un souvenir de lui : un symbole religieux. Il sort, et finit par mettre le feu derrière lui. A quelques mètres de là, il contemple le feu prendre très rapidement sa maison, élevant des flammes à plusieurs mètres de haut. Demain, il ne resterait de cette maison que la cheminée de pierre, et des cendres.

Mais il est temps de partir, les soldats ne vont pas tarder à arriver. Il court vers l'Est, ses deux chiens l'accompagnant. Il saute une première barrière, traverse un champ. Puis une autre barrière, fait quelques mètres avant que le vide s'installe.



Plus aucun souvenir, jusqu'à l'Antemonde...
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Photun



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MessageSujet: Re: Vladimir Bratva   Sam 1 Fév - 16:38

Deux jours avant.




Crépuscule sur Verdure. Vladimir marche d'un pas pressé dans la ville qu'il connait bien. Aucune rue ou ruelle ne lui était inconnue. Les mains dans les poches, l'air désinvolte et le pas assuré, il foule le sol en terre conquise, à la recherche d'un endroit bien précis, vers un rendez-vous fixé. Arrivé devant une maison, il frappe plusieurs coups à la porte. Il attend un peu avant de recommencer, puisque personne ne vient lui ouvrir. Le parquet grinçant annonce l'approche d'un habitant du logis, la poignée s'active, la porte s'entre-ouvre. Une tête rondouillarde apparait, celle d'un homme au teint jaune et aux yeux bridés, cachés derrière de petites lunettes rondes. Les cheveux bruns coiffés, le nez retroussé, il affiche un large sourire accueillant quand il reconnait son visiteur.

-Vlad' ! Entre, entre vite !
-Merci, Mugen. Lydia m'a dit que tu voulais me voir ?
-Oui, effectivement !... Je suis étonné qu'elle te l'ait dit, tu es encore en "contact" avec elle ?
-Rassure-toi, c'est purement platonique. Pardon de te presser, mais de quoi s'agit-il ?
-Viens t'asseoir pour en discuter.

La maison est plutôt moderne, de bonne taille. L'entrée donne directement sur le salon où les murs de pierre tristes à souhaits ne possèdent ni peinture, ni ornement divers pour égayer cet intérieur. Quelques chaises entourent une solide table où semble persister une véritable pagaille. Des parchemins, des livres, des notes diverses y sont posées. Les chaises, elles, semblent avoir été souvent dérangées - sans pour autant être remises en place après utilisation. Nul doute que le jeune propriétaire reçoit de nombreuses visites de courte durée, et qu'à contrario, il n'a pas souvent vu la lumière du jour ces derniers temps. Les rebords des fenêtres et quelques meubles sans intérêts sont couverts de poussière. Une fois attablés, ils reprennent la discussion.

-J'ai à te dire quelque chose qui ne va pas te faire plaisir... Je ne sais pas commente te le dire, mais j'espère que tu comprends que je fais mon possible pour...
-Mugen, commence par le début.
-... Ton père est en affaire avec l'épine dans notre pied : ton futur beau frère
-T'es pas sérieux ?...
-Si. Je n'ai pas tous les détails, mais ce qu'il demande est velu. D'après le frère d'un ami qui est dans la garde, ta famille entière est dans le coup. Le plan, dans les grandes lignes, c'est de mener une fausse attaque contre Amn. De manière officielle ; donc à priori tu devras t'habiller comme des soldats du fort. Le but est de créer un incident diplomatique.
-...
-Moi, je te rapporte ce qu'on m'a dit. Et ça me parait malheureusement tout à fait plausible. Quelques riches marchands d'Amn ont dû payer le capitaine pour qu'il lance ce conflit. Le marché stagne, la politique est stable, les gens sont plutôt contents et prospèrent... Ce n'est pas bon pour les affaires, tu le sais tout comme moi.

Vladimir est en proie à une grande réflexion. Il ne décroche plus un mot, son regard est fixe. Il pense aussi vite que possible pour essayer de se sortir du pétrin dans lequel il se trouve malgré lui.

-Vlad' ?...
-Qu'est-ce qui te fait penser qu'on y participe tous les trois ?
-Comme je te l'ai dit, j'ai un contact dans la garde. Il a vu ton père...
-... Ce n'est pas mon père...
-Peu importe ! Il a vu Alexei discuter avec le capitaine. Quand il a commencé à récolter des informations, il semblerait qu'ils aient discuté des conditions du mariage entre ta sœur et le capitaine. En gros : ce que vous allez faire, fait partie du contrat. En échange de ça et du mariage, il compte offrir un sacré paquet de fric. Et j'imagine qu'il va aussi oublier tous les soupçons qui pèsent sur vous.
-Attends, je ne te suis pas.
-C'est archi simple : ta famille rend service, l'autre te file du pognon et vous oublie. Le contact au fort avait l'air de dire que c'était quelque chose de dangereux, et qu'il fallait impérativement t'avertir.
-Depuis quand tu es au courant ?
-Le lendemain soir de la rencontre entre ton paternel et le capitaine. Cinq jours, donc. J'ai vraiment essayé de te contacter avant la rencontre, mais t'es plutôt dur à joindre ces derniers temps.

L'homme originaire de Kara-tur observe longuement Vladimir derrière ses petites lunettes rondes. Le jeune homme, lui, semble perdu, la nouvelle semble beaucoup lui peser. Il réfléchit, cherche des solutions, ou des options qui pourraient le tirer de ce mauvais pas.

-Explique-moi tout en détail.

A la recherche de parchemins sur son bureau, Mugen tâtonne à droite à gauche, fouille dans le bazar qui semble être presque permanent dans l'espoir de trouver quelque chose de bien précis tout en reprenant la parole.

-Ton frère, Alexei et toi avez pour tâche de prendre d'assaut un convoi bien particulier de marchands importants entre Amn et les Contrées... J'ai un parchemin avec l'itinéraire et la composition, attends que je mette la main dessus... Bref ! Le but n'est pas de gagner, le but c'est seulement de créer un incident qui sera compliqué à expliquer mais aussi à réparer. C'est pour ça que vous le voyez demain, il vous donnera les armures, les insignes à bien laisser en évidence, les chevaux, ce genre de choses. Et avec les quelques tensions qu'il y a à la frontière ces temps-ci, ça passera comme une lettre à la poste !... Ah, le voilà !

Mugen sort enfin le précieux parchemin et le présente à Vladimir. Quelques simples notes faites à la va-vite sur la composition du convoi, ce qu'il transporte, le nombre de personnels, gardes et passagers, ainsi que le trajet prévu. Vladimir observe le parchemin un long moment, il ferme les yeux et essaie de s'imaginer où et comment attaquer, évaluant les possibilités.

-Ça ne marchera pas. La route est sûre, très exposée. Tant bien même on arriverait là bas, à trois contre dix il y a presque aucune chance pour qu'on s'en sorte. C'est complétement débile comme plan !
-Tu sais, la rencontre de demain, c'est sûrement pour faire le point sur les possibilités ? Peut-être que le capitaine va te donner quelques uns de ses hommes ? Je vois déjà le groupe, moi ! Alexei et Pavel en soldat, et toi en petit sergent teigneux et hautain !...
-Arrête de te foutre de moi, Mugen, tu sais comme moi que ça pue à des kilomètres, ce truc ! Déjà qu'un officiel nous demande de magouiller, je ne le sens pas, mais faire un truc pareil avec un plan aussi médiocre...
-Moi, ce que j'en pense, c'est que c'est peut-être une opportunité pour ta famille. Je sais que le capitaine n'a pas une bonne réputation...

Vladimir interrompt son ami en tapant un coup sec sur la table et commence à élever la voix.

-Un mercenaire qui atteint son grade après des faits d'armes plus que douteux, qui n'hésite pas à brûler vifs les voleurs, à traîner les violeurs à poil derrière des chevaux sur des kilomètres alors que lui-même possède son propre harem de pauvres filles dans son château.

Son ton s'emballe et ses émotions le submerge : il s'emporte et s'en rend compte. Il marque une courte pause le temps de se reprendre.

-Et là, tout ça, ça dépasse le cadre de la réputation, j'ai vu et entendu tout ça de sources sûres, Mugen. Ce mec est dangereux, et je doute qu'il respecte les termes de son contrat, quel qu'il soit.
-D'accord, Vladimir, d'accord ! Moi, je te passe une information que j'estime importante, vu qu'Alexei a eu pour consigne de te la cacher. C'est tout, pas la peine de t'énerver contre moi !

Sur les paroles de son ami, il se détend, soupire un long moment et repose en vrac le parchemin qui lui avait été confié. Il passe sa main sur son visage. Après quelques instants, Mugen rit un peu, l'air nostalgique.

-Ça me manque un peu, tout ça ! J'veux dire « nous », affrontant le monde, toujours à la recherche du moindre truc à exploiter !...
-Héhé ! Je vois que tu es toujours dans les affaires. Et ce que je vois sur la table me laisse croire que tu as poursuivi notre petite entreprise.
-Oui, mais ce n'est plus pareil sans toi. Au moins, avec toi, je n'étais pas seul.

Vladimir prend quelques parchemins et les examine rapidement. Des plans de machine de guerre, des plans de bâtiments importants, des plans de conception de serrures, quelques notes importantes sur objets recherchés... Un peu tout ce qui pourrait intéresser quelques hommes à la recherche d'argent facile. Il repose les parchemins après cet instant nostalgie.

-Bon, il faut que je rentre, j'ai de la route à faire avant de rentrer chez moi.
-Tu veux passer la nuit ici ?
-Je vais prendre une chambre à l'auberge, plutôt. Mais je te remercie de la proposition.

Le jeune homme se lève sous le regard inquiet de son ami, mais sans dire un mot. Le kara-turien se contente de lui adresser un sourire, se donnant l'air convaincu de l'invincibilité de Vladimir. Les deux se dirigent vers la sortie et se saluent sans trop de cérémonie, l'un comme l'autre mal à l'aise aux vues de la situation et des informations données.

Le pas lent, Vladimir ère dans la ville, prenant son temps. Les mains dans les poches de sa veste, c'est avec un air préoccupé et soucieux qu'il piétine le sol obscurcis à la recherche d'un endroit ou passer la nuit. Arrivé devant une auberge, il entre, se présente et demande une chambre,
Il passe alors une nuit d'insomnie, ayant au plus profond de lui le sentiment que quelque chose de grave va se produire. Demain, il reprendra la route jusqu'à chez lui et tentera de dissuader son père adoptif de s'engager plus encore dans cette situation périlleuse.
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Vladimir Bratva
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